Le Maghreb face à la mondialisation
N° 21 Printemps 1997
La Méditerranée du Sud et de l’Est est, dans son ensemble, restée à
l’écart de ce qui est apparu comme l’évolution la plus marquante de
l’économie mondiale au cours des dix dernières années : l’émergence
d’un nombre grandissant d’économies en développement dont la
croissance s’est accélérée et dont l’insertion dans les flux d’échanges et
les flux financiers internationaux a fortement progressé. Parmi les pays
méditerranéens, certains ont enregistré, dans ces deux domaines, des
progrès notables. Mais d’autres ont stagné. Pour d’autres encore, la chute
des prix des hydrocarbures a marqué l’épuisement d’un mode de
développement nourri par la rente : ils ont connu une forte récession et
leur part dans les échanges mondiaux a régressé. Au total, le revenu des
habitants de l’ensemble de la région n’a, en moyenne, plus progressé
depuis 1985. Les transformations structurelles, bien que très inégales
selon les pays, ont été souvent plus tardives et moins décisives qu’ailleurs.
Les pesanteurs internes ont joué à cet égard un rôle évidemment essentiel.
Mais l’attitude des pays européens et l’orientation de la coopération, trop
souvent conservatrices et attachées à préserver les acquis des uns et des
autres, n’ont pas incité à des transformations plus rapides. L’effet
d’entraînement qui pouvait être attendu d’une relation privilégiée de
proximité n’a été à la hauteur ni de l’ambition affichée par l’Europe ni
de l’attente des pays méditerranéens.