La montée des périls
N° 61 Printemps 2007
Depuis une quinzaine d’années, le monde hésite
dans un entre-deux opaque : la fin de la bipolarité
URSS-USA a laissé libre cours à l’hyperpuissance
étatsunienne, cependant que les géants de demain - la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Union européenne
peut-être… - ne sont pas encore en mesure d’imposer
un nouveau partage des pouvoirs.
Dans cet entre-deux libéré de la peur nucléaire, on aurait pu
s’attendre à ce que la politique retrouve tous ses droits. Sous
la houlette de Washington, des compromis politiques raisonnables
auraient pu permettre, semble-t-il, d’éteindre ou de réduire les
principaux foyers de tension. Paradoxalement, c’est au contraire à une
renonciation apparente aux outils de la politique que l’on a assisté : les
deux analyses opposées de Francis Fukuyama sur la fin de l’Histoire, et
de Samuel Huntington sur le clash des civilisations, avaient illustré en
le théorisant ce retrait.