Les révoltes du monde arabe ont d’ores et déjà forgé ce que l’on peut qualifier de tournant dans l’histoire du monde arabe. Les fins successives des régimes de Zineddine Ben Ali (Tunisie), Husni Mubarak (Egypte) et Moammar Kadhafi (Libye) ont en effet laissé ouvertes d’autres brèches (Bahreïn, Syrie, Yémen) dont l’issue peut parfois paraître incertaine. Cela alors que, en parallèle, maints autres pays (Algérie, Maroc, Jordanie…) ont procédé à des annonces de réformes visant à leur éviter de subir un sort similaire.
Cela étant dit, et en dépit des apparences, l’on aurait tort de vouloir déconnecter ces évolutions du monde arabe d’un contexte géopolitique plus large. Au-delà des « révoltes de la dignité », il ne faut en effet pas oublier que bien des acteurs internationaux ont suivi de près la situation exacerbée prévalant dans ces espaces stratégiques… et ont même essayé d’en tirer un profit maximal. Etats-Unis, Chine, Russie, mais aussi France, Royaume-Uni, Arabie saoudite, Turquie et Qatar sont autant de pays qui ne pouvaient assister les bras croisés à une dynamique qui demeure présente dans un espace qui leur est vital et/ou les concerne à des titres divers. Ainsi, de révoltes essentiellement liées à une recherche par les populations de perspectives socio-économiques reluisantes, on est passé à une configuration dans laquelle personne ne voulait se sentir perdant. [...]
Programmé il y a un an, ce dossier de Confluences
Méditerranée consacré au Maroc paraît, plus de 10 ans
après le numéro spécial précédent*, à un moment particulier
de l’actualité sociale et politique du royaume. Celle-ci est
marquée, depuis février 2011, par une politisation et une
coordination, inédite à l’échelle nationale, des expressions
publiques de protestation, à l’issue de la vague contestataire
partie de Tunisie puis d’Egypte durant l’hiver 2010-2011.
Avec quelques semaines de décalage, le pouvoir central
marocain a, à son tour, été affecté par le vent de révolte
et, sans renoncer à l’usage de la force répressive contre les
manifestants, il a vite réagi par une série de mesures destinées
à apaiser la gronde : relèvement des subventions sur les
produits essentiels, création d’emplois publics, discours royal
du 9 mars 2011 annonçant des réformes institutionnelles,
mise sur pied d’une Commission Consultative de Révision
de la Constitution (mars), organisation d’un référendum
sur ledit projet de réforme constitutionnelle (approuvé à
99 % en juin) et tenue d’élections législatives anticipées
à l’automne 2011. Miroir aux alouettes destiné à
rassurer la communauté internationale, les touristes et les
investisseurs, ou bien poursuite d’un processus de réformes
et de libéralisation politique 2 amorcé dans les années
1990 3 avec la sortie des « années de plomb » ? Comme le
révèlent les diverses contributions de ce numéro, le débat reste ouvert sur le « double désamorçage de 2011 » (J.-N.
Ferrié et B. Dupret) ou « l’appropriation et la neutralisation
des revendications de la société civile » (J. M. Gonzáles
Riera). Seul l’avenir permettra d’évaluer l’inflexion de l’Etat
marocain et d’apprécier l’efficacité des stratégies à l’oeuvre
pour désamorcer la contestation.
*Cf. Confluences Méditerranée, Transition politique au Maroc, n° 31, automne 1999..
Alors même que de Tunis au Caire, nous assistons, en ce début d’année 2011, à des révoltes sociales et politiques de grande envergure, tout se passe comme si nos perceptions du monde arabe, de l’Iran et, dans une moindre mesure, de la Turquie étaient encore plus ou moins calées sur une grille de lecture remontant aux années 1970. L’islam politique s’appréhende encore largement comme un ensemble compact, dangereux, foncièrement antidémocratique et antioccidental. Nombre de médias et d’observateurs cherchent toujours à décrypter les bouleversements en cours dans cette région par des interrogations sur le « péril islamiste » alors même que les partis et les leaders de cette mouvance plurielle ont été absents de ces vastes manifestations aussi bien en Tunisie qu’en Egypte sans oublier le fait, capital, qu’en 2009 c’est tout une fraction du peuple iranien qui a manifesté contre le régime autoritaire des ayatollahs et la réélection truquée de Mahmoud Ahmadinejad.
Les numéros de la revue Confluences Méditerranée, dont nous sommes à la veille de fêter ses vingt ans, alternent entre questions thématiques et analyses nationales. En deux décennies d’existence, aucun numéro spécial n’a été consacré à ce grand pays méditerranéen et arabe qu’est l’Egypte. Avec plus de 80 millions d’habitants, il s’agit pourtant du pays le plus peuplé du bassin méditerranéen mais aussi l’un des plus influents, en tout cas dans sa partie arabe. C’est également un pays soumis à de fortes pesanteurs politiques, économiques et sociales avec le risque d’incidences géopolitiques que cela implique.
Dans un contexte d’élections (législatives de 2010 et présidentielles de 2011) où rien ne semble annoncer de véritables changements, la revue Confluences Méditerranée a saisi l’importance et l’urgence de revisiter un pays stratégique, qui plus est aujourd’hui à la croisée des chemins, aussi bien dans ses choix socio-économiques et politiques que diplomatiques.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 75 : Egypte : l’éclipse, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2010/4 (N°75). 238 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296131637.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2010-4.htm.
Vouloir s’interroger sur « la Méditerranée sans l’Europe », c’est chercher, par delà l’impertinence de la formule, à explorer les nouvelles réalités géopolitiques d’un espace trop souvent fermé sur lui-même au niveau de la réflexion stratégique, alors qu’il est par nature une interface dynamique entre plusieurs régions qui se jouxtent, et qu’il constitue assurément une zone d’intérêts et de convoitises au coeur d’un Monde multipolaire où des puissances s’affirment aux côtés de celles révisant ou aiguisant leurs actions. La crise économique et financière, qui éclata en 2008, ne fait que précipiter depuis ce rééquilibrage du Monde 1 où le poids opérationnel de l’Europe, potentiellement très grand, s’affaiblit constamment.
Dans ce cadre global, l’Euro-Méditerranée semble malheureusement vouée à ne demeurer qu’une idée en perpétuelle gestation. Pire, elle peut même apparaître comme le reflet des illusions géopolitiques de cette séquence historique (1989-2009) ayant fait basculer par à-coups le Monde dans un début de XXIe siècle désaxé, car la teneur des rapports Nord-Sud s’est métamorphosée.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 74 Été 2010 : La Méditerranée sans l’Europe, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2010/3 (N° 74). 204 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296124134.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2010-3.htm.
Ce que Paul Valery avait dit du caractère mortel des civilisations vaut pour les institutions politiques, et d’abord pour celles qui ont dû gérer une pluralité de peuples, langues, coutumes, religions… Des ensembles institutionnels ont été bâtis qui ont produit des « civilisations » avant de disparaître. Une richesse culturelle trop disparate a eu raison d’elles à la longue. Il y a un siècle, l’empire ottoman et l’empire austro-hongrois se sont effondrés ; l’Union soviétique et la Yougoslavie ont disparu hier.
Le ciment de ces ensembles était différent, mais tous ont eu en commun de n’avoir pas pu transformer un lien autoritaire en une adhésion consentie. Un meilleur fonctionnement démocratique aurait-il permis d’aboutir à un équilibre satisfaisant, durable, entre fidélités particulières et consentement à des institutions régulatrices de l’ensemble ? [...]
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 73 : La Nations et territoire : quelles institutions ?, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2010/2 (N°73). 189 pages..
ISSN : 1148-2664.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2010-2.htm.
Depuis plus de soixante ans, le conflit central du Proche-Orient impose ses images désespérantes. Pourtant, en France, il a fallu attendre longtemps avant que l’opinion soit quelque peu sensibilisée. La diversité des enjeux a empêché de poser les termes du débat en toute clarté. En tant que peuple, les Palestiniens ont vu leur existence durablement niée. L’ignorance ou la méconnaissance de leurs aspirations a tenu d’abord à des facteurs objectifs, d’ordre historique. Mais l’oubli a aussi été le résultat d’un déni organisé de l’iniquité : il s’est traduit par un détournement des discussions du seul terrain où elles auraient dû se cantonner, celui du droit international et de la justice, vers un théâtre d’ombres où l’on a joué de l’émotion.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 72 : La Palestine en débat 1945-2010, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2010/1 (N°72). 184 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296104181
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2010-1.htm.
Les mesures adoptées par la Loi de finances complémentaire (LFC) 2009, en introduisant de fortes restrictions à la fois aux importations, à l’investissement étranger et au crédit à la consommation, ont surpris par leur radicalité, alors même que les autorités insistaient sur la résilience de l’économie algérienne face à la crise internationale. Ces mesures participent-elles seulement d’une adaptation au contexte international de crise ou expriment-elles des changements profonds en matière d’orientation économique ? Alors que le constat est implacable - désindustrialisation, effets pervers de la rente pétrolière et gazière, dérive des importations -, découlent-elles d’une remise en cause de l’ouverture économique, d’une restauration des leviers de régulation ou d’une volonté de répondre à des tensions sociales croissantes ? Ne révèlent-elles pas, plus fondamentalement, la situation de blocage du processus de réformes économiques qui trouve ses racines dans les contradictions du rôle de l’Etat dans l’économie nationale depuis la fin des années 1980 ?
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 71 : Souveraineté économique et réformes en Algérie, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2009/4 (N°71). 215 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296103344.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2009-4.htm.
Depuis son indépendance le Pays du Cèdre va de problèmes en crises politiques qui dégénèrent parfois en guerres civiles comme ce fut le cas en 1958 et entre 1975 et 1990. Deux sources de son malheur semblent demeurer inépuisables : une géopolitique complexe qui a fait de lui une arène de gladiateurs régionaux et internationaux, et un système politique confessionnel hypothéquant toute velléité de créer un Etat de droit moderne et démocratique.
Ce numéro revient sur les élections de juin 2009 mais surtout sur les pesanteurs qui entravent l’histoire politique du pays des Cèdres. Il se propose ainsi de dessiner en creux les sorties possibles du cycle de crises qui l’affecte tant.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 70 : Liban, de problèmes en crises, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2009/3 (N°70). 196 pages.
ISSN : ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296091504.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2009-3.htm.
Le thème des médias en Méditerranée est loin d’être épuisé. Bien au contraire, à un moment où les opinions publiques mondiales continuent à voir dans les chaînes télévisées un vecteur incontournable pour leur information, et dans un contexte où foisonnent les chaînes satellitaires, on ne peut que noter l’ascendant pris par l’image et le verbe dans l’accompagnement mais aussi l’orientation de « la pensée globale ».
Evidemment, parler des chaînes satellitaires ne dispense pas pour autant de développer un intérêt pour ces autres médias incontournables que sont la radio, la presse et bien sûr Internet. Tous continuent à susciter un engouement que ce soit en matières d’information, de loisirs et de divertissement, de quête d’un moyen d’être en phase avec un événement important ayant lieu en direct, ou tout simplement de recherche du détail qui fait la différence.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 69 : Médias : stratégies d’influences, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2009/2 (N°69). 180 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296072862.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2009-2.htm.
Dans un Monde où tout s’accélère, pour le pire comme pour le meilleur, l’Italie ne tient pas le rythme. S’appuyant sur un héritage historique et culturel parmi les plus fécond de la planète, l’Italie se trouve actuellement dans une situation inquiétante. Pire, les perspectives s’annoncent en rien favorables. Le déclinisme est d’ailleurs en vogue dans la péninsule depuis quelques années, thème il est vrai relayé abondamment depuis l’étranger. L’Italie serait donc à "la dérive ", à tel point que le futur proche la plongerait dans un marasme politique et économique inextricable. Tandis que des mutations importantes s’opèrent dans sa société et que se redessine simultanément la carte géoéconomique du Monde, tout se passe comme si l’Italie s’était figée au siècle dernier sans être aujourd’hui capable d’avancer. Cette impression domine, que l’on examine la situation politique, sociale ou économique de l’Italie, devenue cette puissance moyenne voire virtuelle à l’échelle du Monde.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 68 : Italie : le grand bond en arrière ?, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2009/1 (N°68). 244 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296072862.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2009-1.htm.
Depuis fort longtemps, les turbulences de la Méditerranée constituent un authentique baromètre de la situation stratégique internationale, rythmant bien souvent l’actualité médiatique par une série ininterrompue de promesses politiques et de faits tragiques. Ces dynamiques à contre-courant qui parsèment le théâtre méditerranéen, où jamais ne s’imbriquent vertueusement les signaux d’espoir, les bonnes intentions et les urgences du quotidien, façonnent dans les esprits un spleen géopolitique régional. Et celui-ci semble désormais malheureusement plus proche d’un pessimisme de l’intelligence que de l’optimisme de la volonté. A ce titre, 2008 aura été une année sans aucune doute révélatrice de cette mélancolie méditerranéenne. On y annonçait le retour de la paix et du dialogue au Proche-Orient. On y creusait de nouveaux sillons pour la coopération euro-méditerranéenne. On y prédisait de multiples développements économiques et sociaux, car nul doute, selon certains commentateurs généreux, que cette Méditerranée ne saurait demeurer à l’écart de la mondialisation. Or, une fois encore, cette homélie méditerranéenne peine à se traduire dans des faits concrets, laissant cette impression désagréable que l’automne politique dure toujours plus longtemps que les utopies du printemps dans cette région du Monde. L’équipe de rédaction de Confluences Méditerranée, présageant que les promesses seraient à nouveau intraduisibles dans la réalité, s’est décidée avant l’été, à modifier sa planification éditoriale, pour consacrer son numéro de l’automne 2008 à ces phénomènes dissonants tout en apportant de nouvelles tonalités sur la situation de certains pays méditerranéens. (...)
La rédaction de cet article a pris fin début septembre.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 67 : Un automne méditerranéen, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/4 (N°67). 212 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296061545.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-4.htm.
Les temps actuels sont particulièrement tragiques pour les Arabes chrétiens. Bien sûr, dans plusieurs pays, leurs souffrances ne font pas exception et leurs concitoyens musulmans pâtissent autant de situations à tout le moins délétères. Les uns et les autres subissent l’occupation (territoires palestiniens), la guerre (Irak), l’incertitude politique et économique (Liban, Égypte).
Cependant, dans certains pays, les chrétiens sont également victimes en tant qu’ils appartiennent à une minorité religieuse. L’Irak offre tous les jours des scènes de violences à leur endroit (enlèvements, meurtres, imposition du voile, incendies d’églises). La mort de Mgr Rahho, l’évêque chaldéen de Mossoul, en mars 2008, et celle de Boulos Iskandar en octobre 2006 après qu’il refusa de se convertir, aussi tragiques soient elles, ne sont que la partie médiatisée de la tragédie que subissent leurs coreligionnaires dans un pays que le président américain George W. Bush voulait ramener à la démocratie.
Dans ce moment de crispation, particulièrement brutal, la revue Confluences Méditerranée souhaite faire un retour sur la situation des chrétiens au Proche-Orient, une question qui a été longtemps éludée. Dans une interview accordée en mars 2008 au quotidien libanais l’Orient le jour, Régis Debray avançait une hypothèse tout à fait recevable pour expliquer ce silence : « Les chrétiens d’Orient sont trop arabes pour les Occidentaux bon teint et trop chrétiens pour les progressistes bon teint. C’est embarrassant, ils ne rentrent pas dans la division simpliste de la région. Sont-ils avec les bons ou les méchants ? »
Le silence sur les minorités en souffrances, quelles qu’elles soient, est coupable. En outre, dans ce cas précis, il montre que l’on est loin d’avoir compris que le maintien de chrétiens dans les sociétés arabes est, à la condition qu’il se fasse dans des conditions dignes, une réponse à la conjecture dangereuse du choc des civilisations. Si d’aventure la ligne de fracture entre chrétiens et musulmans se confortait au cœur des sociétés de la région, alors les prédictions d’Huntington pourraient trouver ici un terrain d’illustration. Mais il semble heureusement que tel ne soit pas le cas, même si cette idée est entretenue par des groupes fondamentalistes qui assimilent les chrétiens arabes aux croisés, avec toutes les conséquences qui se manifestent brutalement à certains endroits comme en Irak.
Les chrétiens ont toujours été parties prenantes des sociétés proche-orientales. Ils ont été souvent – et le sont encore aujourd’hui – engagés dans la vie économique, intellectuelle et politique. Il n’est qu’à considérer leur rôle dans la renaissance arabe (Nahda) ou bien, plus récemment, dans les causes politiques qui ont traversé la région (le nationalisme arabe, la libération de la Palestine), sans compter qu’ils ont été des ferments de laïcité dans certains territoires. Ainsi leur présence, aux côtés de leurs compatriotes musulmans, peut être encore un ferment de démocratie et de séparation des ordres spirituel et politique.
Pierre Blanc, coordinateur du numéro
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 66 : Chrétiens d’Orient, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/3 (N°66). 224 pages..
ISSN : 1148-2664.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-3.htm.
Il n’est plus possible désormais d’aborder les problèmes politiques du Proche-Orient sans prendre en compte le rôle et l’influence de l’Iran que ce soit au Liban, en Syrie, en Iraq ou dans le conflit israélo-palestinien.
L’émergence de ce pays n’est en rien une nouveauté car historiquement la Perse a toujours occupé une place importante dans cette région ; pendant des siècles, les grands équilibres régionaux reposaient avant tout sur les rapports de forces qu’entretenaient ce grand pays et l’Empire ottoman. A une époque plus récente, l’Iran du Shah était un Etat avec lequel il fallait compter mais la perception qu’on pouvait en avoir en Occident était différente de celle d’aujourd’hui puisqu’il était un de ses alliés privilégiés sur lequel les Etats-Unis s’appuyaient pour leur politique dans la région. Dans cette configuration, l’Iran du Shah participait à l’équilibre stratégique du Proche-Orient dans le contexte de la Guerre froide face à l’Union soviétique fortement implantée en Syrie, en Iraq et en Egypte, jusqu’au revirement de Anouar El Sadate au début des années 70.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 65 : L’Iran, une puissance virtuelle ?, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/2 (N°65). 216 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296054769.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-2.htm.
Une des sources des graves tensions qui menacent actuellement le Proche-Orient tient à la création d’un tribunal international décidée par les Nations unies en concertation avec le gouvernement libanais pour tenter de faire la lumière sur l’assassinat de Rafic Hariri. C’est aussi un des points de blocage majeurs au Liban entre la majorité et l’opposition... Cette création pose beaucoup de questions tant sur les circonstances de cette décision conjoncturelle que sur le rôle et les fonctions de la justice pénale internationale dans le monde contemporain.
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 64 : Justice pénale et politique internationale, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/1 (N°64). 198 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 2296050914.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-1.htm.
Dès l’hiver 2006, la rédaction de Confluences Méditerranée décida de programmer un numéro spécial « France » dans l’agenda éditorial de 2007, persuadée que cette année poserait en des termes nouveaux la question des relations futures entre l’Hexagone et le Bassin méditerranéen. C’était d’abord un souhait fort, puisque le calendrier des présidences européennes fixait rendez-vous à la France pour animer et guider durant le second semestre 2008 la politique de l’Union. Et nous étions intimement convaincus qu’il serait utile de consacrer un numéro dédié aux rapports franco-méditerranéens peu avant cette Présidence de l’Union, dans l’espoir que la Méditerranée puisse figurer haut dans l’agenda européen préparé par Paris.(...)
Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 64 : Justice pénale et politique internationale, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/1 (N°64). 198 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 2296050914.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-1.htm.
Ce titre en forme d’interrogation inquiète exprime notre perplexité vis-à-vis de l’avenir d’une société aujourd’hui épuisée et déstructurée après ces années terribles d’Intifada et de répression systématiquement planifiée par le gouvernement d’Ariel Sharon. En retrait par rapport à une actualité qui ne retient que le spectaculaire, nous avons voulu analyser les conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza dans le prolongement du précédent numéro que Régine Dhoquois a dirigé sur la société israélienne, Israël, L‘enfermement.
Depuis la disparition de Yasser Arafat, leader historique de la résistance palestinienne, les événements politiques se sont précipités en Israël et en Palestine. Au cours des six mois qui viennent de s’écouler, on a assisté entre autres événements à :
l’élection démocratique de Mahmoud Abbas à la présidence de l’Autorité palestinienne,
la formation d’un gouvernement d’Union nationale en Israël,
la confirmation par la Knesset de l’évacuation unilatérale des huit mille colons de Gaza, décidée en février 2004 par Ariel Sharon,
la rencontre à Charm El-Cheikh le 8 février 2005 entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas,
les élections municipales palestiniennes avec une courte victoire du Fatah dans l’ensemble des localités concernées mais une majorité au Hamas en particulier à Gaza, Rafah et Kalkiliya.
Enfin George Bush, recevant Mahmoud Abbas à la Maison- Blanche le 26 mai dernier, a promis une aide de 50 millions de dollars versée directement à l’Autorité palestinienne et affirmé son soutien à la création d’un « Etat palestinien pacifique et démocratique ». Il s’est également adressé aux Israéliens : « Israël doit arrêter l’expansion des colonies et démanteler les colonies illégales ». « Tout changement au tracé de la ligne de séparation de 1949 doit faire l’objet d’un accord mutuel entre Israéliens et Palestiniens ».
Depuis plusieurs mois de multiples événements montrent que le Proche-Orient est en train de bouger au Liban, en Irak, en Syrie, et, peut-être, en Palestine. Là où tout était figé, apparaissent enfin quelques signes de changements possibles. Qui aurait parié sur la possibilité d’une protestation libanaise massive contre la tutelle syrienne ? Qui aurait imaginé, il y a quelques années, que l’Irak pourrait élire un président kurde, ancien pershmerga ou que le gouvernement Sharon déciderait d’évacuer Gaza ? Bien entendu, ces signes demeurent encore très fragiles ; rien ne permet de penser que ces mouvements iront dans le bon sens ; le pire est donc encore possible avec un retour des violences au Liban, le chaos de la guerre civile en Irak ou une nouvelle impasse tragique en Palestine... Ce numéro tente d’apporter des éléments de compréhension de cette situation complexe avec un débat approfondi sur les dynamiques actuellement à l’oeuvre, des articles sur la question pétrolière et deux études sur les frontières de la Turquie. Nous poursuivrons cet effort de réflexion dans le numéro suivant (numéro de juin) qui sera consacré aux sociétés israélienne et palestinienne.