Numéros parus
Bouleversements stratégiques dans le monde arabe ?
N° 79 Automne 2011

Les révoltes du monde arabe ont d’ores et déjà forgé ce que l’on peut qualifier de tournant dans l’histoire du monde arabe. Les fins successives des régimes de Zineddine Ben Ali (Tunisie), Husni Mubarak (Egypte) et Moammar Kadhafi (Libye) ont en effet laissé ouvertes d’autres brèches (Bahreïn, Syrie, Yémen) dont l’issue peut parfois paraître incertaine. Cela alors que, en parallèle, maints autres pays (Algérie, Maroc, Jordanie…) ont procédé à des annonces de réformes visant à leur éviter de subir un sort similaire.

Cela étant dit, et en dépit des apparences, l’on aurait tort de vouloir déconnecter ces évolutions du monde arabe d’un contexte géopolitique plus large. Au-delà des « révoltes de la dignité », il ne faut en effet pas oublier que bien des acteurs internationaux ont suivi de près la situation exacerbée prévalant dans ces espaces stratégiques… et ont même essayé d’en tirer un profit maximal. Etats-Unis, Chine, Russie, mais aussi France, Royaume-Uni, Arabie saoudite, Turquie et Qatar sont autant de pays qui ne pouvaient assister les bras croisés à une dynamique qui demeure présente dans un espace qui leur est vital et/ou les concerne à des titres divers. Ainsi, de révoltes essentiellement liées à une recherche par les populations de perspectives socio-économiques reluisantes, on est passé à une configuration dans laquelle personne ne voulait se sentir perdant. [...]

Vous pouvez vous procurer, en version numérique, l’intégralité du Numéro 78 : Bouleversements stratégiques dans le monde arabe sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2011-4.htm

Le Maroc : changements et faux-semblants
N° 78 Été 2011

Programmé il y a un an, ce dossier de Confluences Méditerranée consacré au Maroc paraît, plus de 10 ans après le numéro spécial précédent*, à un moment particulier de l’actualité sociale et politique du royaume. Celle-ci est marquée, depuis février 2011, par une politisation et une coordination, inédite à l’échelle nationale, des expressions publiques de protestation, à l’issue de la vague contestataire partie de Tunisie puis d’Egypte durant l’hiver 2010-2011. Avec quelques semaines de décalage, le pouvoir central marocain a, à son tour, été affecté par le vent de révolte et, sans renoncer à l’usage de la force répressive contre les manifestants, il a vite réagi par une série de mesures destinées à apaiser la gronde : relèvement des subventions sur les produits essentiels, création d’emplois publics, discours royal du 9 mars 2011 annonçant des réformes institutionnelles, mise sur pied d’une Commission Consultative de Révision de la Constitution (mars), organisation d’un référendum sur ledit projet de réforme constitutionnelle (approuvé à 99 % en juin) et tenue d’élections législatives anticipées à l’automne 2011. Miroir aux alouettes destiné à rassurer la communauté internationale, les touristes et les investisseurs, ou bien poursuite d’un processus de réformes et de libéralisation politique 2 amorcé dans les années 1990 3 avec la sortie des « années de plomb » ? Comme le révèlent les diverses contributions de ce numéro, le débat reste ouvert sur le « double désamorçage de 2011 » (J.-N. Ferrié et B. Dupret) ou « l’appropriation et la neutralisation des revendications de la société civile » (J. M. Gonzáles Riera). Seul l’avenir permettra d’évaluer l’inflexion de l’Etat marocain et d’apprécier l’efficacité des stratégies à l’oeuvre pour désamorcer la contestation.


*Cf. Confluences Méditerranée, Transition politique au Maroc, n° 31, automne 1999..

Vous pouvez vous procurer, en version numérique, cet article ou l’intégralité du Numéro 78 : Le Maroc : changements et faux-semblants sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2011-3.htm

Révoltes arabes : premiers regards
N° 77 Printemps 2011

L’histoire est coutumière des mouvements soudains qui en réorientent le cours. De temps à autre, des dictateurs sombrent, des murs tombent, des régions s’embrasent, des peuples fraternisent. Dans bien des cas, ces occurrences soudaines sont en fait la révélation au grand jour, parfois bruyante et violente, de transformations profondes que nous n’avons pas toujours su lire avec acuité.

Ce qui se passe dans le monde arabe aujourd’hui emprunte à ces moments de dévoilement de mutations en marche. Qui aurait prévu, ne serait-ce qu’au début du mois de décembre 2010, que ce basculement eût pu s’opérer avec autant de rapidité ? A ce moment-là, notre revue sortait un numéro sur l’Egypte. Son titre, « Egypte : l’éclipse », traduisait bel et bien un diagnostic très inquiet et critique de cet ancien pays influent du monde arabe. Cependant, malgré cette tonalité alarmiste, nous ne nous autorisions pas autre chose que d’envisager la future élection présidentielle de 2011 dont l’issue s’annonçait comme la reconduction d’un représentant de la clique au pouvoir, qu’ils fussent Moubarak, son fils Gamal ou un autre. Nous n’avions d’ailleurs pas trop souhaité consacrer de réflexions sur ce moment politique qui n’en était pas un. Dans les théâtres autoritaires, les processus électoraux sont-ils intéressants à ce point pour que nous y consacrions des pages de commentaires ? Plutôt que de nous mobiliser sur le théâtre lui-même nous nous étions intéressés à son arrière-plan, plus important selon nous. Nous y décrivions entre autres l’incurie d’une ploutocratie fossilisée, le népotisme éhonté du régime, la clôture du champ politique, la violence d’une société inégalitaire, l’absence de perspectives d’emplois pour la jeunesse, la mise sous tutelle internationale - en l’occurrence américaine - de cette nation phare de l’arabisme. Mais tous ces signes de faillite, qui étaient souvent généralisables à tous les autres pays de la zone, ne suffisaient pas à annoncer l’imprévisible quoiqu’on puisse en dire même si nous avions également souligné l’émergence d’une société civile contestataire et de plus en plus interconnectée.

La Méditerranée sans l’Europe
N° 74 Été 2010

Vouloir s’interroger sur « la Méditerranée sans l’Europe », c’est chercher, par delà l’impertinence de la formule, à explorer les nouvelles réalités géopolitiques d’un espace trop souvent fermé sur lui-même au niveau de la réflexion stratégique, alors qu’il est par nature une interface dynamique entre plusieurs régions qui se jouxtent, et qu’il constitue assurément une zone d’intérêts et de convoitises au coeur d’un Monde multipolaire où des puissances s’affirment aux côtés de celles révisant ou aiguisant leurs actions. La crise économique et financière, qui éclata en 2008, ne fait que précipiter depuis ce rééquilibrage du Monde 1 où le poids opérationnel de l’Europe, potentiellement très grand, s’affaiblit constamment.

Dans ce cadre global, l’Euro-Méditerranée semble malheureusement vouée à ne demeurer qu’une idée en perpétuelle gestation. Pire, elle peut même apparaître comme le reflet des illusions géopolitiques de cette séquence historique (1989-2009) ayant fait basculer par à-coups le Monde dans un début de XXIe siècle désaxé, car la teneur des rapports Nord-Sud s’est métamorphosée.

Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 74 Été 2010 : La Méditerranée sans l’Europe, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2010/3 (N° 74). 204 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296124134.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2010-3.htm.

Souveraineté économique et réformes en Algérie
N° 71 Automne 2009
Un automne méditerranéen
N° 67 Automne 2008

Depuis fort longtemps, les turbulences de la Méditerranée constituent un authentique baromètre de la situation stratégique internationale, rythmant bien souvent l’actualité médiatique par une série ininterrompue de promesses politiques et de faits tragiques. Ces dynamiques à contre-courant qui parsèment le théâtre méditerranéen, où jamais ne s’imbriquent vertueusement les signaux d’espoir, les bonnes intentions et les urgences du quotidien, façonnent dans les esprits un spleen géopolitique régional. Et celui-ci semble désormais malheureusement plus proche d’un pessimisme de l’intelligence que de l’optimisme de la volonté. A ce titre, 2008 aura été une année sans aucune doute révélatrice de cette mélancolie méditerranéenne. On y annonçait le retour de la paix et du dialogue au Proche-Orient. On y creusait de nouveaux sillons pour la coopération euro-méditerranéenne. On y prédisait de multiples développements économiques et sociaux, car nul doute, selon certains commentateurs généreux, que cette Méditerranée ne saurait demeurer à l’écart de la mondialisation. Or, une fois encore, cette homélie méditerranéenne peine à se traduire dans des faits concrets, laissant cette impression désagréable que l’automne politique dure toujours plus longtemps que les utopies du printemps dans cette région du Monde. L’équipe de rédaction de Confluences Méditerranée, présageant que les promesses seraient à nouveau intraduisibles dans la réalité, s’est décidée avant l’été, à modifier sa planification éditoriale, pour consacrer son numéro de l’automne 2008 à ces phénomènes dissonants tout en apportant de nouvelles tonalités sur la situation de certains pays méditerranéens. (...)

La rédaction de cet article a pris fin début septembre.

Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 67 : Un automne méditerranéen, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/4 (N°67). 212 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296061545.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-4.htm.

Chrétiens d’Orient
N° 66 Eté 2008

Les temps actuels sont particulièrement tragiques pour les Arabes chrétiens. Bien sûr, dans plusieurs pays, leurs souffrances ne font pas exception et leurs concitoyens musulmans pâtissent autant de situations à tout le moins délétères. Les uns et les autres subissent l’occupation (territoires palestiniens), la guerre (Irak), l’incertitude politique et économique (Liban, Égypte).

Cependant, dans certains pays, les chrétiens sont également victimes en tant qu’ils appartiennent à une minorité religieuse. L’Irak offre tous les jours des scènes de violences à leur endroit (enlèvements, meurtres, imposition du voile, incendies d’églises). La mort de Mgr Rahho, l’évêque chaldéen de Mossoul, en mars 2008, et celle de Boulos Iskandar en octobre 2006 après qu’il refusa de se convertir, aussi tragiques soient elles, ne sont que la partie médiatisée de la tragédie que subissent leurs coreligionnaires dans un pays que le président américain George W. Bush voulait ramener à la démocratie.

Dans ce moment de crispation, particulièrement brutal, la revue Confluences Méditerranée souhaite faire un retour sur la situation des chrétiens au Proche-Orient, une question qui a été longtemps éludée. Dans une interview accordée en mars 2008 au quotidien libanais l’Orient le jour, Régis Debray avançait une hypothèse tout à fait recevable pour expliquer ce silence : « Les chrétiens d’Orient sont trop arabes pour les Occidentaux bon teint et trop chrétiens pour les progressistes bon teint. C’est embarrassant, ils ne rentrent pas dans la division simpliste de la région. Sont-ils avec les bons ou les méchants ? »

Le silence sur les minorités en souffrances, quelles qu’elles soient, est coupable. En outre, dans ce cas précis, il montre que l’on est loin d’avoir compris que le maintien de chrétiens dans les sociétés arabes est, à la condition qu’il se fasse dans des conditions dignes, une réponse à la conjecture dangereuse du choc des civilisations. Si d’aventure la ligne de fracture entre chrétiens et musulmans se confortait au cœur des sociétés de la région, alors les prédictions d’Huntington pourraient trouver ici un terrain d’illustration. Mais il semble heureusement que tel ne soit pas le cas, même si cette idée est entretenue par des groupes fondamentalistes qui assimilent les chrétiens arabes aux croisés, avec toutes les conséquences qui se manifestent brutalement à certains endroits comme en Irak.

Les chrétiens ont toujours été parties prenantes des sociétés proche-orientales. Ils ont été souvent – et le sont encore aujourd’hui – engagés dans la vie économique, intellectuelle et politique. Il n’est qu’à considérer leur rôle dans la renaissance arabe (Nahda) ou bien, plus récemment, dans les causes politiques qui ont traversé la région (le nationalisme arabe, la libération de la Palestine), sans compter qu’ils ont été des ferments de laïcité dans certains territoires. Ainsi leur présence, aux côtés de leurs compatriotes musulmans, peut être encore un ferment de démocratie et de séparation des ordres spirituel et politique.

Pierre Blanc, coordinateur du numéro

Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 66 : Chrétiens d’Orient, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/3 (N°66). 224 pages..
ISSN : 1148-2664.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-3.htm.

L’Iran, une puissance virtuelle ?
N° 65 Printemps 2008

Il n’est plus possible désormais d’aborder les problèmes politiques du Proche-Orient sans prendre en compte le rôle et l’influence de l’Iran que ce soit au Liban, en Syrie, en Iraq ou dans le conflit israélo-palestinien.

L’émergence de ce pays n’est en rien une nouveauté car historiquement la Perse a toujours occupé une place importante dans cette région ; pendant des siècles, les grands équilibres régionaux reposaient avant tout sur les rapports de forces qu’entretenaient ce grand pays et l’Empire ottoman. A une époque plus récente, l’Iran du Shah était un Etat avec lequel il fallait compter mais la perception qu’on pouvait en avoir en Occident était différente de celle d’aujourd’hui puisqu’il était un de ses alliés privilégiés sur lequel les Etats-Unis s’appuyaient pour leur politique dans la région. Dans cette configuration, l’Iran du Shah participait à l’équilibre stratégique du Proche-Orient dans le contexte de la Guerre froide face à l’Union soviétique fortement implantée en Syrie, en Iraq et en Egypte, jusqu’au revirement de Anouar El Sadate au début des années 70.

Vous pouvez vous procurer un article ou l’intégralité du N° 65 : L’Iran, une puissance virtuelle ?, sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante
Fiche technique :
Confluences Méditerranée 2008/2 (N°65). 216 pages.
ISSN : 1148-2664. ISBN : 9782296054769.
Lien : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-2.htm.

Israël, l’enfermement
N° 54 Eté 2005

Depuis la disparition de Yasser Arafat, leader historique de la résistance palestinienne, les événements politiques se sont précipités en Israël et en Palestine. Au cours des six mois qui viennent de s’écouler, on a assisté entre autres événements à :
- l’élection démocratique de Mahmoud Abbas à la présidence de l’Autorité palestinienne,
- la formation d’un gouvernement d’Union nationale en Israël,
- la confirmation par la Knesset de l’évacuation unilatérale des huit mille colons de Gaza, décidée en février 2004 par Ariel Sharon,
- la rencontre à Charm El-Cheikh le 8 février 2005 entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas,
- les élections municipales palestiniennes avec une courte victoire du Fatah dans l’ensemble des localités concernées mais une majorité au Hamas en particulier à Gaza, Rafah et Kalkiliya.
- Enfin George Bush, recevant Mahmoud Abbas à la Maison- Blanche le 26 mai dernier, a promis une aide de 50 millions de dollars versée directement à l’Autorité palestinienne et affirmé son soutien à la création d’un « Etat palestinien pacifique et démocratique ». Il s’est également adressé aux Israéliens : « Israël doit arrêter l’expansion des colonies et démanteler les colonies illégales ». « Tout changement au tracé de la ligne de séparation de 1949 doit faire l’objet d’un accord mutuel entre Israéliens et Palestiniens ».

Vous pouvez vous procurer, en version numérique et en accès libre, l’intégralité du Numéro 54 : Israël, l’enfermement sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2005-3.htm

Nouveaux enjeux au Moyen-Orient
N° 53 Printemps 2005
Le Maghreb face à la mondialisation
N° 21 Printemps 1997
La Méditerranée du Sud et de l’Est est, dans son ensemble, restée à l’écart de ce qui est apparu comme l’évolution la plus marquante de l’économie mondiale au cours des dix dernières années : l’émergence d’un nombre grandissant d’économies en développement dont la croissance s’est accélérée et dont l’insertion dans les flux d’échanges et les flux financiers internationaux a fortement progressé. Parmi les pays méditerranéens, certains ont enregistré, dans ces deux domaines, des progrès notables. Mais d’autres ont stagné. Pour d’autres encore, la chute des prix des hydrocarbures a marqué l’épuisement d’un mode de développement nourri par la rente : ils ont connu une forte récession et leur part dans les échanges mondiaux a régressé. Au total, le revenu des habitants de l’ensemble de la région n’a, en moyenne, plus progressé depuis 1985. Les transformations structurelles, bien que très inégales selon les pays, ont été souvent plus tardives et moins décisives qu’ailleurs. Les pesanteurs internes ont joué à cet égard un rôle évidemment essentiel. Mais l’attitude des pays européens et l’orientation de la coopération, trop souvent conservatrices et attachées à préserver les acquis des uns et des autres, n’ont pas incité à des transformations plus rapides. L’effet d’entraînement qui pouvait être attendu d’une relation privilégiée de proximité n’a été à la hauteur ni de l’ambition affichée par l’Europe ni de l’attente des pays méditerranéens.
Villes exemplaires, villes déchirées
N° 10 Printemps 1994
Villes portuaires ouvertes par nature aux voyageurs de toute provenance. Escales d’un jour, devenues asiles pour la vie. Villes accueillantes pour ceux qui, persécutés ailleurs pour leurs différences, ont pu y trouver refuge. Villes prospères aux activités innombrables, cibles des ambitions et des fortunes les plus diverses… Telles furent les cités phares de Méditerranée, devenues plurielles au fil du temps pour avoir accueilli tant de diversité… Villes exemplaires pour avoir offert à leurs habitants, dans la multiplicité de leurs appartenances et de leurs cultures, les conditions d’une coexistence intelligente, ces cités, nées de la grande variété des cultures qui se sont développées autour de la Méditerranée, ont elles-mêmes, de par la nature de l’organisation sociale qu’elles ont générée, été la source d’une pluralité sans cesse renouvelée… Multiples, elles ont attirés les différences. Ouvertes, elles ont absorbé les arrivants. Elles se sont épanouies, aménageant leur structure urbaine en fonction de cette foule de communautés, de langues, de religions et de toutes les expressions qu’elles ont su faire naître. Elles furent le lieux de prédilection des rêveurs, des poètes, des grands voyageurs, de toutes les âmes curieuses que les horizons familiers ne pouvaient plus contenter… Cités modèles pour les universalistes en quête d’une culture sans frontière, elles représentent pour les humanistes un idéal de coexistence qui semble aujourd’hui de l’ordre du mythe, tant les manifestations des replis identitaires et des conflits entre les communautés sont violentes et ne semblent laisser aucune chance de survie à ce modèle qui, en l’absence d’une volonté politique, voit se transformer les raisons mêmes qui ont rendu possible cette coexistence harmonieuse en autant de facteurs de destruction.
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