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De Jérusalem à Damas : les imaginaires nationalistes de la gauche jordanienne

Nicolas Dot-Pouillard: Chercheur à l’Institut français du Proche- Orient (Ifpo, Beyrouth) et Core-Researcher au sein du programme Wafaw (When Authoritarianism fails in the Arab world, European Research Council). Il est l’auteur de La Mosaïque éclatée. Une histoire du mouvement national palestinien (1993-2016), Actes Sud, 2016.

L’histoire de la gauche jordanienne est indissociable de celle de la gauche palestinienne. Depuis le début des années 1990, elle s’est pourtant nationalisée. Active dans les mouvements sociaux et syndicaux, membre de l’opposition démocratique, elle a participé en 2011 aux mouvements de contestation de la monarchie hachémite. Certaines de ses composantes se sont rapprochées du gouvernement, tandis que d’autres adoptent une rhétorique de plus en plus nationaliste, s’appuyant sur les tribus de l’est du pays. Un calendrier proprement jordanien s’est imposé. Pourtant, la gauche a encore des agendas transnationaux. Elle reste tournée vers Jérusalem et regarde de plus en plus vers Damas. Les spectres nationalistes arabes (ou machrékiens) la taraudent. Entre utopies transnationales et acceptation de l’État- nation, la gauche jordanienne a ses horizons d’attente conflictuels.