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And Patrick Habis

De la difficulté à « faire parti » dans la Tunisie post-Ben Ali

Vincent Geisser: Chargé de recherche au CNRS, à l’Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (IREMAM) d’Aix-en-Provence
Déborah Perez: Doctorante en science politique à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence (CHERPA) et à l’École normale supérieure (CMH).

Aux lendemains de la fuite de Ben Ali, la renaissance du pluripartisme en Tunisie s’inscrit dans une double logique. D’une part, elle consacre le retour sur le devant de la scène politique tunisienne de forces politiques anciennes, issues pour la plupart de la « résistance » au régime autoritaire (islamistes, gauchistes, forces libérales et socio-démocrates) qui profitent du nouveau contexte de libéralisation pour s’organiser matériellement, remobiliser leurs militants et partir à la conquête de leurs électorats. D’autre part, elle se traduit par l’émergence de nouveaux modes d’expression politique qui, tantôt empruntent la forme partisane ordinaire, tantôt cherchent à s’en éloigner pour mieux signifier leur désir de rupture avec l’ancien régime, le stigmate partisan étant lié notamment au traumatisme du parti unique. Dans cet article, il ne s’agit pas de nier la centralité du rôle des partis dans la période post-dictature mais de déplacer le regard au-delà de l’espace partisan, afin de dévoiler les enjeux latents qui sont cristallisés par les conflits politiques et les rapports de force.