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And Patrick Habis

La destruction du patrimoine culturel à Alep : banalité d’un fait de guerre ?

Thierry Boissière: Docteur en anthropologie ; maître de conférences à l’université Lumière Lyon 2 et chercheur au GREMMO (MOM, Lyon) ; ex-responsable de l’antenne Ifpo d’Alep (2008-2010
Jean-Claude David: Docteur en géographie ; chercheur associé au GREMMO (MOM, Lyon)

Dans le conflit qui bouleverse actuellement la Syrie, les causes communautaires et confessionnelles sont régulièrement présentées comme étant les principales motivations des belligérants. La destruction du patrimoine, à Alep comme dans d’autres villes et sites archéologiques syriens, est l’une des conséquences les plus spectaculaires de ce conflit meurtrier, mais les causes de cette destruction sont multiples et les motivations idéologiques et confessionnelles ne sont peut-être pas les plus importantes. Pour comprendre l’acharnement destructeur dont Alep est la cible depuis 2012, nous proposons de revenir sur la nature et les origines historiques du concept de patrimoine tel qu’il est mis en oeuvre en Syrie et sur la perception que les habitants et les responsables en ont. Cette mise en perspective nous permet de mieux comprendre les réactions parfois hostiles ou indifférentes que l’on peut observer dans les deux camps, loyaliste et rebelle, vis à vis de ce patrimoine mondialement reconnu.