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La présidentielle iranienne de juin 2013 : enjeux et décryptages

Marie Ladier-Fouladi: Directrice de recherche au CNRS-EHESS (IIAC/TRAM).

L’élection surprenante de Hassan Rohani, dès le premier tour de la présidentielle de juin 2013, a satisfait tout le monde, à tel point que les forces politiques internes tout comme les pays occidentaux ont reconnu implicitement et unanimement la régularité du suffrage. Mais faut-il croire que cette élection, contrairement aux précédentes, a été régulière et que ni le Conseil des gardiens ni le ministère de l’Intérieur, ne sont pas intervenus dans le décompte des votes ? L’absence des statistiques appropriées, l’omission assez étrange des résultats des élections municipales, qui ont pourtant eu lieu le même jour, et qui se sont révélés à l’opposé de ceux de la présidentielle et enfin la configuration de la compétition – six candidats en lice -, qui semblait rendre logiquement nécessaire un second tour pour sceller le sort du scrutin, mènent à croire que les résultats de ce scrutin sont entachés de manoeuvre frauduleuse. Pour autant que l’on puisse le savoir, des négociations auraient été engagées entre le Guide suprême et Hachemi Rafsandjani après le troisième débat télévisé et au cours de la seconde semaine d’une campagne électorale sans relief. Le Guide a dû faire des concessions pour soutenir finalement le candidat de Hachemi Rafsandjani et d’une partie des réformateurs, Hassan Rohani. Un choix qui, en l’état actuel des enjeux intérieurs et extérieurs, a surtout arrangé le Guide, lui permettant de regagner sa légitimité et celle du régime islamique auprès de l’opinion publique nationale et internationale.