La révolte de Kabylie ou l’histoire d’un gachis
Yassin Temlali
Le 19 avril 2001, un jeune Algérien, Guermah
Massinissa, mourait, atteint par une rafale de mitraillette
dans les locaux de la gendarmerie à Beni Douala, en
Grande-Kabylie. L’événement aurait pu n’être qu’un « fait
divers » à inscrire au riche registre des bavures policières.
Il n’en a pas été ainsi. La maladresse de la communication
officielle aidant1, la mort de Guermah Massinissa a
déclenché en Kabylie un tourbillon d’émeutes et de répression.
Elle a fait déborder le vase d’une colère populaire
dont une répétition miniature avait été les manifestations
qui ont suivi l’assassinat du chanteur Matoub Lounès le
25 juin 1998. Partie de Beni Douala, la révolte s’est
étendue à toute la Kabylie. Elle a eu aussitôt un puissant
écho dans les autres régions, malgré une insidieuse propagande
tendant à donner du massif kabyle l’image d’un
éternel foyer sécessionniste.
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