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Les relations entre la France et le monde arabe

Ignace Dalle: Journaliste, il fut chargé des questions arabes à l’AFP, en poste à Beyrouth, Amman, au Caire et enfin à Rabat. Auteur de plusieurs ouvrages dont « La Ve République et le monde arabe, le désenchantement », Fayard, 2014.

Bonnes et parfois même amicales sous les présidences de Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing, les relations de la France avec le monde arabe se compliquent pendant les mandats de François Mitterrand. L’arrivée au pouvoir de l’imam Khomeiny et le traité de paix israélo-égyptien consécutif aux accords de Camp David bouleversent en effet la donne au Proche-Orient. Sur la défensive, la France commence à s’impliquer militairement et Mitterrand, bon gré mal gré, s’aligne sur la politique américaine : au Liban avec les otages, en Libye et au Tchad et lors de la première guerre du Golfe. Désaccord de taille cependant avec Washington : le soutien à la cause palestinienne. Après la (longue) parenthèse chiraquienne durant laquelle la France, bénéficiant, du moins jusqu’en 2003, d’une conjoncture internationale moins tendue, tire plutôt son épingle du jeu, Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui connaissent mal le monde arabe, doivent notamment gérer les « printemps arabes » et leurs suites. Sous leurs présidences et du fait notamment de leur tropisme pour Israël et de leur hostilité envers l’Iran, la diplomatie française fait souvent preuve de précipitation, d’amateurisme ou de parti-pris dans cette partie du monde.