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Quel avenir pour l’accord de Doha sur le Liban ?

Pierre Berthelot: Chercheur associé à la FMES (Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques) et à l’IFAS (Institut français d’analyse stratégique).

Le Liban connait une situation politique instable depuis l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005, qui fut suivi presqu’immédiatement du retrait des troupes syriennes du pays, Damas ayant à l’époque été jugé responsable de cette tragédie. Le pays du Cèdre, en permanente ébullition, a fonctionné depuis, et tant bien que mal, principalement à partir de deux accords politico-institutionnels, « Taëf » et « Doha » 1. Ce dernier semble avoir volé en éclat début 2011 lorsque Walid Joumblatt et la majorité de son groupe parlementaire, appuyés par quelques individualités principalement sunnites et tripolitaines (dont Nagib Mikati, devenu le 26 janvier le nouveau chef du gouvernement) ont rallié l’ancienne opposition emmenée par le Hezbollah lui permettant de devenir désormais majoritaire 2. Doha est-il pour autant définitivement abandonné ou est-ce qu’à tout le moins son esprit subsistera, puisque sans cette vision de compromis il semble peu probable que le Liban n’affronte pas de nouvelles turbulences de forte intensité ? Pour pouvoir mieux évaluer cette perspective, il conviendra de revenir sur sa genèse, avant de préciser quels ont été ses acquis, ses insuffisances depuis sa mise en place en mai 2008, tout en s’interrogeant sur sa potentielle pérennité, sous une forme ou une autre. Les évènements qui se produisent au Liban peuvent à tout moment provoquer une déflagration régionale avec des répercussions internationales et il n’est donc pas inutile d’esquisser une réflexion sur ces différentes évolutions. 1. En référence aux villes où ils ont été signés, la première se situant en Arabie Saoudite et la seconde étant la capitale du Qatar. Pour une analyse juridique du second compromis, voir Hiam Mouannes, « L’accord de Doha du 21 mai 2008. Accord de droit international », Maghreb-Machrek, Automne 2010, n° 205, pp. 33-44.2. Plusieurs études l’avaient envisagé dès 2010, et l’on pourra se référer à notre analyse sur ce point (Pierre Berthelot, « Vers une polarisation durable de la vie politique Libanaise ? », Maghreb-Machrek, Automne 2010, n° 205, pp. 7-30).

Vous pouvez vous procurer, en version numérique, cet article ou l’intégralité du Numéro 78 : Bouleversements stratégiques dans le monde arabe sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2011-4.htm