Réalité de la pénétration islamique
Gérald Arboit
Fin novembre 1990, la Bosnie-Herzégovine portait au pouvoir le
Parti d’Action Démocratique (SDA) et confiait sa destinée à un
"ancien jeune Musulman", Alija Izetbegovic. Les propagandistes
pan-serbes ressortirent un texte vieux de vingt ans, la
Déclaration Islamique, et soulignèrent le danger de la création
d’une république islamique en Europe. De son côté, le premier
président bosniaque ne négligeait pas le fait islamique. Il situait
le conflit dans la perspective d’un élargissement où les Etats
musulmans auraient leur place et joueraient leur rôle. C’était là
son idée depuis longtemps. De ses voyages, entre mai 1991 et
mars 1992 notamment, et plus encore après le début de la
guerre, en avril suivant, ressortait la volonté de sensibiliser les
gouvernements de Téhéran, d’Ankara et de Riyad et l’opinion
publique arabo-musulmane sur la situation de la communauté
islamique de Bosnie. Izetbegovic cherchait à susciter de leur
part sympathie, mais surtout solidarité et aide effective39. Mais
le monde arabo-musulman ne se révéla pas, d’emblée, à la
hauteur des espérances bosniaques. Au contraire, il sembla
donner raison aux tenants du danger d’un foyer islamiste dans
les Balkans.
Arboit