Voisinage et crime intime
Xavier Bougarel
Dans le journal Ljiljan, porte-parole officieux du SDA
(Parti de l’action démocratique, présidé par Alija
Izetbegovic), la rubrique consacrée aux Serbes et aux
Croates s’intitule « Voisin ou criminel ? » Cet intitulé révèle
une des dimensions de la guerre en Bosnie-Herzégovine, à
savoir le passage ou le non-passage du komsiluk, « relation
de bon voisinage », au crime, la transformation ou la nontransformation
du voisin en assassin. Généralement perdue
dans des considérations oiseuses sur la « tolérance », la «
haine » ou la « cruauté » qui caractériserait tout ou partie
de la société bosniaque, cette dimension de la guerre est
essentielle. Elle permet en tout cas de mieux appréhender
certaines réalités historiques et sociologiques d’une guerre
dont l’étude, trop souvent, est le prétexte à l’inlassable
réaffirmation de nos certitudes ou de nos phantasmes.
Ce texte a été publié
dans Confluences Méditerranée,
n° 13, « Bosnie » (hiver 1994-1995)
Vous pouvez vous procurer, en version numérique, cet article ou l’intégralité du Numéro 64 : Justice pénale et politique internationale sur le site de Cairn.info à l’adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2008-1.htm