Souveraineté économique et réformes en Algérie
N° 71 Automne 2009
Les mesures adoptées par la Loi de finances complémentaire
(LFC) 2009, en introduisant de fortes restrictions à la fois
aux importations, à l’investissement étranger et au crédit à
la consommation, ont surpris par leur radicalité, alors même que les
autorités insistaient sur la résilience de l’économie algérienne face à
la crise internationale. Ces mesures participent-elles seulement d’une
adaptation au contexte international de crise ou expriment-elles des
changements profonds en matière d’orientation économique ? Alors
que le constat est implacable - désindustrialisation, effets pervers de la
rente pétrolière et gazière, dérive des importations -, découlent-elles
d’une remise en cause de l’ouverture économique, d’une restauration
des leviers de régulation ou d’une volonté de répondre à des tensions
sociales croissantes ? Ne révèlent-elles pas, plus fondamentalement, la
situation de blocage du processus de réformes économiques qui trouve
ses racines dans les contradictions du rôle de l’Etat dans l’économie
nationale depuis la fin des années 1980 ?