Editorial en ligne
Des Union(s) pour la Méditerranée ?
Plus l’échéance du Sommet du 13 juillet 2008 à Paris approche, plus le projet de l’Union pour la Méditerranée (UpM) prend forme et… gagne en plasticité. Depuis quelques semaines en effet, l’initiative initialement perçue comme française épouse désormais les traits d’une reconquête européenne sur le théâtre capricieux de la zone méditerranéenne. Paris aura au moins réussi ce pari là : remobiliser l’attention, des décideurs comme des commentateurs, sur l’importance stratégique à stimuler le développement en Méditerranée, tout en remettant les problématiques de cette région au rang des priorités européennes en matière de politique étrangère. L’UpM, c’est finalement un formidable outil pour faire parler de Méditerranée, avec, toute chose égale par ailleurs, le pire comme le meilleur dans les discours. Au début de l’année 2008, les doutes fourmillaient autour de cette initiative souvent considérée comme une manœuvre diplomatique de la France aux seules visées hexagonales. Depuis, un travail déterminant a été effectué par la cellule ad hoc placée sous l’autorité de la présidence de la république française, non sans liens étroits avec les plus solides conseils du Quai d’Orsay sur ce dossier, afin de soigner la présentation et de mieux expliquer les objectifs et la démarche proposés par la France avec l’UpM.
Antonio Cinus
13 mai 2008
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L’Iran, une puissance virtuelle ?
N° 65 Printemps 2008

Il n’est plus possible désormais d’aborder les problèmes politiques du Proche-Orient sans prendre en compte le rôle et l’influence de l’Iran que ce soit au Liban, en Syrie, en Iraq ou dans le conflit israélo-palestinien.

L’émergence de ce pays n’est en rien une nouveauté car historiquement la Perse a toujours occupé une place importante dans cette région ; pendant des siècles, les grands équilibres régionaux reposaient avant tout sur les rapports de forces qu’entretenaient ce grand pays et l’Empire ottoman. A une époque plus récente, l’Iran du Shah était un Etat avec lequel il fallait compter mais la perception qu’on pouvait en avoir en Occident était différente de celle d’aujourd’hui puisqu’il était un de ses alliés privilégiés sur lequel les Etats-Unis s’appuyaient pour leur politique dans la région. Dans cette configuration, l’Iran du Shah participait à l’équilibre stratégique du Proche-Orient dans le contexte de la Guerre froide face à l’Union soviétique fortement implantée en Syrie, en Iraq et en Egypte, jusqu’au revirement de Anouar El Sadate au début des années 70.

Dossier préparé par Jean-Paul Chagnollaud et Jean-François Coustillière
Revue de presse sur la crise libanaise
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